Les applications de blocage d’appels automatiques partagent nos données personnelles

Sur la seule année 2018 aux États-Unis, pas moins de 26,3 milliards d’appels automatisés auraient été passé. Un nombre gigantesque, illustrant un problème de taille d’intrusion dans notre vie du quotidien, à grand coup d’appels à répétition.

Pourtant, un problème peut souvent en cacher un autre. Si les applications de blocage d’appels automatiques semblent être une bonne solution à ces spams, elles seraient en réalité des logiciels téléchargés des plus friands de vos données personnelles. Dan Hastings, chercheur en sécurité chez NCC Group, a examiné la politique de confidentialité des plus populaires applications de blocage d’appels, pour en arriver à un constat alertant.

Une majorité des applications de blocage d’appels automatiques partagent vos données personnelles

Le paradoxe est écœurant. Aujourd’hui, souhaiter bloquer l’intrusion répétée des appels automatiques se marchande par la collecte de vos données personnelles, à en croire NCC Group.

« Ces applications partagent les numéros de téléphone de personnes avec des sociétés d’analyse de données, examinent vos messages texte et vos appels téléphoniques, et permettent de connaître les applications que vous avez sur votre appareil », déclarait le chercheur Dan Hastings.

Son rapport mis en ligne il y a quelques heures fait notamment état des trois principales applications de blocage de type « robocall ». Ainsi, TrapCall, Hiya et Truecaller, l’équivalent de 110 millions de téléchargements à elles trois sur Google Play Store, collecteraient de façon commerciale nos données personnelles.

La plupart du temps, ce sont les numéros de téléphones qui sont diffusés à des sociétés d’analyses de données, mais cela peut aller bien plus loin, avec l’accès aux photos, aux données de localisation, et aux historiques web. Par la suite, ces sociétés peuvent revendre les informations personnelles collectées pour des publicités ciblées.

Les applications modifient leur politique de confidentialité

Il y a quelques semaines, la Federal Trade Commission (FTC) réclamait une amende de 5 milliards de dollars à Facebook, pour violation du droit de la vie privée sur les réseaux sociaux. L’instance américaine pourrait maintenant viser les applications de blocage d’appels automatique, si jamais il s’avérait que ces dernières ne respectaient pas la loi.

Pour l’heure, chacune sont en phase de modification de leur politique de confidentialité, craignant forcément de se faire attaquer en justice sur des points de leur activité qui n’auraient pas été mentionnés dans ces textes volumineux que personne ne lis réellement, malheureusement.

Par ailleurs, le chercheur de NCC Group pointé du doigt un élément pertinent au sujet des utilisateurs de smartphones Apple. En surfant sur la politique de l’iOS, une application comme Hiya collectait des données confidentielles de ses utilisateurs, avant même que ces derniers n’aient accepté la politique de confidentialité de la firme.

« S’il est vrai qu’Hiya envoie actuellement des données de base relatives aux appareils à des services tiers lors de l’ouverture de l’application, cela n’inclut pas, et n’a jamais inclus, de numéros de téléphone ni d’informations personnelles identifiables », se défendait la compagnie dans un communiqué.





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