PMA: l’épiscopat tente de peser dans le débat, et soutient les manifestants du 6 octobre

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A quelques jours de l’examen du texte par les députés, l’épiscopat catholique tente de peser sur le projet de loi bioéthique en soulignant « la gravité des enjeux » et en soutenant les citoyens « inquiets » à venir manifester le 6 octobre.

Ils s’estiment « pas entendus », malgré leurs prises de position. Lundi soir, les principaux responsables de la Conférence des évêques de France (CEF) avaient donné rendez-vous au collège des Bernardins. Là même où Emmanuel Macron, en avril 2018, avait appelé les catholiques à s’investir dans la chose publique.

Le président de la Conférence des évêques de France Eric de Moulins-Beaufort y a énuméré pour l’essentiel « ce qui nous inquiète et ce qui nous attriste dans ce projet de loi » qui prévoit l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

« Nos responsables politiques, les parlementaires ou une grande partie d’entre eux, restent aveugles aux défis, aux enjeux de ce qu’ils vont décider parce qu’ils sont fascinés par les promesses de la technique médicale et de la technique juridique », a-t-il lancé.

Avec l’examen du texte par les députés à partir du 24 septembre, il a mis en garde contre une « procréation livrée à la manipulation médicale », une « filiation (livrée) au bricolage que la sophistication de notre société est capable d’imaginer ».

ll a aussi pointé du doigt le risque d’une dérive vers un « eugénisme libéral », d’un « marché » de la procréation, d’inégalités entre enfants ayant la possibilité de connaître leur géniteur et ceux qui ne le pourront pas, ou encore l' »élargissement du cadre (des) expérimentations sur les embryons »… L’archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit, médecin, a pour sa part dénoncé l’évolution du rôle dévolu à la médecine.

A l’issue de la rencontre, Mgr de Moulins-Beaufort a apporté son soutien aux « citoyens » « inquiets » du projet de loi et désireux de manifester le 6 octobre, comme l’ont appelé à le faire une vingtaine d’associations, dont La Manif pour tous.

« Je ne vois pas comment nous pourrions empêcher des citoyens, catholiques ou non, inquiets de ce projet de loi, de manifester s’ils pensent que c’est un moyen utile pour se faire entendre », a-t-il déclaré devant la presse.

« J’aurais tendance même à dire qu’ils ont le devoir de le faire », a-t-il ajouté.

– « prendre place dans le débat » –

A la tribune peu auparavant, un couple infertile invité à s’exprimer avait notamment appelé à défiler le 6 octobre, une proposition applaudie dans la salle.

L’archevêque de Reims a toutefois précisé que « nous l’Eglise n’organisons pas la manifestation ». « Ce n’est pas notre manière d’agir », a ajouté le président de la CEF qui ne sera pas à la manifestation.

Outre l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA), le projet, adopté en commission dans la nuit de vendredi à samedi, prévoit une réforme de la filiation et de l’accès aux origines.

L’épiscopat a résumé ses positions en forme d' »interpellations », adressées notamment aux parlementaires, dans un ouvrage « Bioéthique, quel monde voulons-nous ? » paru lundi et rédigé par Mgr Pierre d’Ornellas, chargé de ces questions à la CEF, présent lui aussi à la tribune des Bernardins.

L’épiscopat tente de « prendre place dans le débat pour se faire entendre », un « défi » pour lui dans la mesure où « le gouvernement pousse deux sujets à la fois – la bioéthique et les retraites – pour ne pas laisser le sujet bioéthique seul, comme cela avait été le cas en 2013 avec le mariage pour tous », décrypte un membre du clergé.

« Ca va être compliqué pour l’Eglise catholique de faire entendre une voix au moment où l’opinion est plus intéressée par les sujets sociaux », renchérit cette source.







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