Trente-quatre multinationales s’engagent contre la pauvreté

Dans le cadre de la préparation du G7 de Biarritz, le président de la République, Emmanuel Macron, a reçu à l’Élysée vendredi 23 août une centaine de patrons pour évoquer avec eux le rôle des entreprises dans la lutte contre les inégalités. C’est l’un des thèmes centraux qui sera abordé entre les chefs d’État et de gouvernements lors du sommet qui démarre samedi 24 août.

Le patron de Danone a la manœuvre

Une première initiative a été prise par 34 multinationales, regroupées dans un nouveau collectif, B4IG (« Business for Inclusive Growth », soit « des entreprises pour une croissance inclusive »). Celui-ci sera présidé par Emmanuel Faber, le PDG de Danone. L’idée avait été évoquée lors du sommet de la Paix, en novembre 2019, à Paris.

« Dans beaucoup des pays du G7, l’effritement des classes moyennes, qui sont la fondation de l’économie de marché, doit être une alerte car il est démontré qu’au-delà d’un certain seuil, les inégalités pèsent sur l’économie », affirme Emmanuel Faber dans le communiqué de présentation. Il ne s’agit pas d’une « une question d’idéologie », ajoute-t-il, mais « de réalisme ».

Des grandes entreprises s’engagent envers les plus modestes

En France, une vingtaine de groupes travaillent déjà sur le sujet depuis la fin de l’année 2019. Le mouvement, assez discret, a été lancé par Emmanuel Faber et Thomas Buberl, directeur général d’Axa. Pour l’heure, les discussions restent encore très informelles et le stade est encore à l’échange de bonnes pratiques. Mais les dirigeants veulent aller plus loin, notamment sur les questions d’apprentissage et d’accès des plus modestes aux biens et services.

Un incubateur sous l’égide de l’OCDE

Les 34 entreprises regroupées dans B4IG représentent un chiffre d’affaires d’un peu plus de 1 000 milliards de dollars (900 milliards d’euros) ; elles emploient 3,5 millions de personnes et sont présentes à peu près sur toute la surface du globe, couvrant quasiment tous les secteurs.

Parmi les signataires figurent Danone, Axa, L’Oréal, la banque américaine JP Morgan, le Crédit agricole, BPCE, BNP Paribas, le cabinet Accenture, Ricoh, Suez, Veolia, Engie, Schneider Electric, Virgin ou encore Ikea. Dans la charte qui a été signée, toutes les entreprises s’engagent ainsi à « intensifier leur action pour faire progresser les droits humains » et « la diversité sur le lieu de travail ».

Au G7, comment la société civile cherche à se faire entendre

Un incubateur, installé à Paris et placé sous l’égide de l’OCDE, servira de laboratoire pour « faire grandir et reproduire des projets d’innovation sociale ». Un milliard d’euros a déjà été débloqué et une soixantaine de projets ont été retenus. Ils concernent notamment des dispositifs d’aide aux personnes sans abri, pour accompagner les personnes sans emploi à retrouver du travail et pour améliorer l’accès aux services essentiels.

Une question d’urgence

L’objectif est donc de passer à la vitesse supérieure avec un effet démultiplicateur évident. « Il s’agit aussi de faire un pont entre les entreprises européennes et américaines en inscrivant la démarche dans la continuité », souligne un des protagonistes. Il ne s’agit pas d’inscrire cette démarche dans une logique de philanthropie ou de mécénat, mais bien parce qu’il y a urgence.

« La montée des inégalités est l’un des plus graves défis sociaux du monde d’aujourd’hui », assure Gabriella Ramos, directrice de cabinet du secrétaire général de l’OCDE et sherpa de l’organisation au G7.

Au cours des dix dernières années, 30 % des ménages des pays industrialisés affirment avoir rencontré des problèmes de pouvoir d’achat. Les dirigeants d’entreprise ont bien conscience que s’ils n’agissent pas, c’est une partie de leur activité qui va être affectée.





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